Copiepresse: Same Player Shoot Again

“Les éditeurs estiment que Yahoo ! porte atteinte aux droits d’auteur parce qu’il met à la disposition des internautes des articles conservés dans son “cache”, soit la base de données reprenant des copies de pages web conservées pour les besoins

by Damien Van Achter le 20/01/2007

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À propos de l'auteur

Androide multitask de 7ème génération, fruit des amours pas si honteuses que ça, mais toujours non déductibles fiscalement, entre un ovule technophile et un spermatozoïde journaliste.

Optimiste en traitement et petit-fils d’agriculteur, je sème à tout vent.

Ce blog est depuis 2005 le centre névrotique de mon activité en ligne, la case départ du Monopoly de mes pérégrinations numériques. Ma goutte d’égo dans un océan de 1 et de 0.

Dans la vraie vie, j'ai aussi une épouse, 3 petites filles et un job de "Social Media manager" à la RTBF,

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“Les éditeurs estiment que Yahoo ! porte atteinte aux droits d’auteur parce qu’il met à la disposition des internautes des articles conservés dans son “cache”, soit la base de données reprenant des copies de pages web conservées pour les besoins du site. Or, cet accès via le cache reste possible même si ces textes ne sont plus disponibles sur le site du quotidien lui-même. En effet, certains journaux ont opté pour un accès payant à leurs archives ( …) Copiepresse laisse au portail américain jusqu’à la fin du mois de janvier pour obtempérer à sa mise en demeure. “Dans le cas contraire, nous agirons comme dans l’affaire Google”, précise Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse”

La Libre Belgique du 19 janvier

Yahoo Inc. Friday rejected Belgian copyright watchdog Copiepresse’s claim that it violated the country’s copyright laws by publishing snippets and links to Belgian newspapers on its search engine without permission. “We can confirm that Copiepresse has contacted us regarding the display of archived results on our Web search service and we will respond in an appropriate manner,” Yahoo said in a statement. “More generally, Yahoo respects the copyright of content owners.”

Wall Street Journal du 19 janvier
désolé, accès payant :-)

Copiepresse serait donc sur le point de réclamer à Yahoo le même genre d’astreinte que celle réclamée par le tribunal de Bruxelles à l’encontre de Google. A l’heure où le jugement dans ce dossier ne devrait plus tarder, on estime que ce montant pourrait atteindre les 100 millions d’euros.

Même si depuis le début de l’Affaire Copiepresse vs Google, j’ai toujours pensé que si les éditeurs avaient raison à propos du cache, je ne peux m’empêcher d’acquiescer quand aikii commente la nouvelle chez Promethée à l’aide de cette belche métaphore.

“Au lieu de relever des vraies questions qui vont autant dans l’intérêt des editeurs que des lecteurs et des moteurs de recherche, la presse belge passe pour un petit agité qui réclame ses sous. On dirait le petit vieux qui a bien le temps de râler à la caisse du colruyt parce qu’on veut pas prendre son bon de 3 cent sur le kilog de gencives de porc. Ça ne l’intéresse pas de changer les choses pour qu’elles aillent mieux ; ce qu’il veut c’est ses sous, tout de suite, parce que de
toutes façons il va bientôt mourir”

Le stockage “en cache” d’articles payants (c’est à dire théoriquement “absents” du web gratuit) et leur mise à disposition gratuite n’est pas normal.

Mais plutôt que de faire payer les archives (qui alimenteraient de toutes manières la longue traine), ne peut-on pas  plutôt imaginer de faire payer les consultations qui ont lieu, par exemple, dans les 12 heures après la publication ? La rareté et l’immédiaté ont une valeur intrinsèque pour celui qui veut être “bien informé”. Or, à l’heure actuelle, cette représentation de l’esprit (“être bien informé”, ça veut dire quoi ?) peut s’accomplir via les différents outils que les fulgurants développements du web mettent désormais à notre disposition.

Je peux en effet choisir les sources précises (cfr le RSS), les moments et les supports via lesquels je m’informe. Si je veux être informé dans les premiers, je paierai le prix (cfr cet article du Wall Street Journal et l’abonnement à 10 $/mois auquel je viens de souscrire). Si je pense que la qualité d’un contenu mérite d’être rémunéré, je sortirai mon porte-monnaie (cfr aussi ce concert de Saule, ce dvd de Monsieur Manhatan ou cette pièce de théâtre au Grand Manège).

Bref, tout ça pour dire que je crois aux vertus de modèles payants, parce qu’ils permettent aux producteurs de vivre, mais vraiment pas à ceux qui impliquent des gros volumes de contenus standardisés. Désormais, l’Information qui génèrera une plus-value sera taillée sur mesure aux profils des consommacteurs

EDIT: Dans la même veine, allez lire chez Ratiatum la mésaventure vécue par un des DJ Drama, un des plus influents de la planète hip-hop aux USA.


“Les maisons de disques ont l’habitude de dépeindre la bataille contre le piratage comme une bataille pour les droits des artistes, mais cette affaire complique cet argument”. New York Times